Rappel de jurisprudence sur la production d'un enregistrement déloyal
Dans la même affaire que précédemment, la Cour de cassation a traité de la licéité d'un enregistrement produit par la salariée dans le cadre de la contestation de son licenciement. Etait en effet en cause un enregistrement obtenu de manière déloyale d'une conversation "Zoom" entre la salariée et la personne ayant conduit l'enquête interne.
La cour d'appel avait admis la recevabilité de l'enregistrement. Elle avait retenu qu'il avait été réalisé dans un cadre strictement professionnel, qu'il était indispensable pour permettre à la salariée d'établir sa bonne foi et que l'atteinte portée aux droits des personnes enregistrées était strictement proportionnée au but poursuivi. Elle avait mis en avant, pour complète information, le fait que la conversation en cause avait eu lieu sur le temps et le lieu de travail, et ne portait pas atteinte aux intérêts personnels des interlocuteurs.
La Cour de cassation a approuvé cette analyse, considérant que la négation totale, par la société, de la réalité d'un harcèlement moral commis par un membre du personnel à l'encontre de la salariée démontrait la nécessité de cet enregistrement.
Cass. soc., 10 juin 2026, n° 24-20.871
La production de données pseudonymisées peut être admise pour assurer les droits de la défense
A la suite de l'élection de l'administrateur représentant les salariés actionnaires, des syndicats avaient demandé l'annulation du scrutin en contestant sa régularité du fait d'une fuite et d'une utilisation irrégulière de données personnelles de salariés. Pour se défendre, l'employeur avait versé aux débats un rapport d'analyse réalisé par un cabinet extérieur. Les syndicats contestaient la production par l'employeur de ce rapport.
La cour d'appel avait jugé ce rapport recevable en considérant que les données exploitées avaient été pseudonymisées, que les données initiales nominatives avaient été supprimées, et que leur production était nécessaire à la défense de l'employeur, l'atteinte portée aux données personnelles restant limitée.
La Cour de cassation a confirmé et a rejeté le pourvoi des syndicats.
Cass. soc., 17 juin 2026, n° 25-11.499