Publication datée du : 06/08/2025

La News RH #188

La news RH
/ 5 minutes pour être à jour /
#188 —  6 août 2025

1
Un salarié réintégré ne peut pas percevoir les indemnités de rupture

Un salarié avait obtenu en appel la requalification de son licenciement en licenciement nul et sa réintégration dans l'entreprise, ainsi que le versement d'une indemnité d'éviction couvrant l'intégralité de la période entre la rupture de son contrat et sa réintégration effective. 

L'employeur reprochait à la cour d'appel de l'avoir condamné à verser cette indemnité sans y retrancher les indemnités de licenciement et de préavis déjà versées au salarié dans le cadre de son solde tout compte.

La Cour de cassation a suivi le raisonnement de l'employeur. Elle a considéré qu'un salarié qui demande sa réintégration ne peut pas cumuler l'indemnité d'éviction avec les indemnités de licenciement et de préavis déjà perçues dans le cadre de la rupture annulée.

Une décision qui n'est pas nouvelle mais qu'il n'était pas inutile de rappeler (voir en ce sens, Cass. soc., 11 juillet 2012, n°10-15.905).

Cass. soc., 9 juillet 2025, n° 23-21.863
 

2
La mention d'un mandat syndical dans une évaluation ne suffit pas à prouver une discrimination

Une salariée reprochait à son employeur d'avoir mentionné dans ses entretiens annuels le temps consacré à l'exercice de ses activités syndicales. Selon elle, cette mention aurait entraîné un retard de carrière et une stagnation salariale constitutifs d'une discrimination syndicale. Elle saisissait donc la juridiction prud'homale.

La cour d’appel avait rejeté les demandes de la salariée, estimant qu'elle ne démontrait pas l'existence d'une différence de traitement ou d'un préjudice lié à l'exercice de ses activités syndicales.

La salariée avait alors formé un pourvoi en cassation, lequel était également rejeté par la Cour de cassation. La Haute Cour a en effet constaté que les mentions relatives au temps d'exercice de la fonction syndicale dans les entretiens annuels n'avaient eu aucune incidence sur l'évolution de carrière ou la rémunération de la salariée, de sorte qu'aucune discrimination syndicale n'était caractérisée.

Cette décision montre une légère inflexion dans la jurisprudence habituellement très stricte concernant ce sujet.

Cass. soc., 4 juin 2025, n° 23-23.804

3
La suspension du contrat de travail peut constituer une mesure disciplinaire 

Un salarié, accusé de harcèlement sexuel et moral par plusieurs collègues, avait signé un protocole transactionnel prévoyant la suspension de son contrat de travail, sans rémunération, pendant un mois et s'était engagé à suivre un traitement médical. Par la suite, l'employeur avait prononcé son licenciement pour faute grave pour les mêmes faits. Le salarié avait contesté le bien-fondé de son licenciement.

Selon la cour d'appel, la suspension du contrat prévue par le protocole transactionnel constituait une sanction disciplinaire. Dès lors, le licenciement pour faute grave devait être jugé sans cause réelle et sérieuse. 

La Cour de cassation a confirmé l'analyse : toute mesure affectant la présence ou la rémunération d'un salarié prise en raison d'un comportement fautif constitue une sanction disciplinaire au sens de l'article L.1331-1 du Code du travail, même avec l'accord du salarié. Par conséquent, le licenciement ultérieur pour les mêmes faits méconnaissait l'interdiction d'une double sanction.

Il convient de préciser qu'en l'espèce, l'employeur avait indiqué, dans le protocole signé entre les parties, qu'il ne tolérerait aucune dérive, incartade ou récidive, ce qui pouvait également montrer le caractère disciplinaire de la transaction. 

Cass. soc., 4 juin 2025, n° 23-21.702

4

Faute inexcusable : pas de nouveau délai de prescription en cas de rechute

Un salarié avait déclaré une maladie professionnelle liée à l'amiante en 2004. En 2017, une rechute avait été constatée. Après le décès du salarié, ses ayants droit avaient engagé une action en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur. 

La cour d'appel avait jugé l'action prescrite, considérant que la décision de la CPAM qualifiant la maladie professionnelle était définitive et que la prise en charge de la rechute ne faisait pas courir un nouveau délai de prescription. 

La Cour de cassation a validé le raisonnement de la cour d'appel. Elle a rappelé qu'une rechute d'une maladie professionnelle ne permet pas de relancer le délai de prescription de deux ans pour agir en reconnaissance de la faute inexcusable. Les ayants droit ne pouvaient pas non plus contester la qualification de rechute dès lors que la décision de la CPAM était devenue définitive.

Cass., soc., 5 juin 2025, n° 23-11.468

5
Les nouvelles mesures protectrices des salariés engagés dans un projet d'adoption ou de PMA

La loi n°2025-595 visant à protéger les personnes engagées dans un projet parental des discriminations au travail a été adoptée le 30 juin 2025.

La loi interdit les discriminations au travail pour tous les salariés, femmes et hommes, engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ou d'adoption, au même titre que ceux institués en faveur des salariées enceintes.

Les autorisations d'absence rémunérées sont étendues à tous les salariés concernés, sans distinction de sexe. Un décret devra préciser le nombre maximal d'absence pour les salariés engagés dans une procédure d'adoption pour se présenter aux entretiens obligatoires nécessaires à l'obtention de l'agrément.

La loi modifie ainsi les articles L.1225-3-1 et L.1225-16 du Code du travail.
 

Actualités sociales : notre prochain Webinar

Retrouvez-nous dès le 11 septembre 2025 pour les actualités sociales de la rentrée, en partenariat avec la CCI de Paris Ile-de-France.

Inscrivez-vous ici.

S'inscrire à notre lettre d'information

En vous inscrivant à notre lettre d'information, vous recevrez régulièrement nos dernières actualités en matière de droit du travail, droit social, etc. Renseignez simplement votre adresse email ci-dessous puis cliquez sur « S'inscrire ».

Prendre RDV